Le gouvernement recourt systématiquement à l’importation notamment de produits alimentaires pour prévenir les pénuries qui pourraient provoquer des explosions sociales susceptibles d’entraîner la chute du système. De plus, de crainte des troubles que ne manqueraient pas de générer une augmentation des prix à la consommation, le pouvoir qui a failli vaciller en janvier dernier à cause de la hausse des prix notamment de l’huile et du sucre, dépense des milliards de dollars pour les soutenir et les maintenir à un niveau jugé supportable par la population.
Sans l’accroissement des prix des hydrocarbures qui connaîtront, selon les prévisions et les analystes pétroliers, un tassement au cours de l’année 2012, le pouvoir d’Alger aurait été, sans aucun doute, confronté à des mécontentements populaires qui s’expriment sur de nombreuses questions notamment le logement dont la crise est loin d’avoir été résorbée, la demande est toujours aussi forte que dans les années 1970 et 1980.
Dans ce climat de phobie, le gouvernement a annoncé ce jeudi 23 novembre que les importations de céréales avaient bondi de près de 136% durant les dix premiers mois de 2011, atteignant 2,75 milliards de dollars contre 1,02 milliard de dollars à la même période en 2010. Cette augmentation vertigineuse n’est pas due uniquement à la hausse des prix des céréales sur le marché international comme tente de le faire accroire le ministre algérien de l’agriculture mais à l’inquiétude d’une rupture des stocks par le pouvoir accusé d’ailleurs par certains pays d’avoir, par sa demande exponentielle, fait grimper leurs factures.
Malgré une production céréalière en hausse de près de 4% de plus que l’année dernière, 2325 millions de tonnes, les prix restent encore hauts malgré la baisse enregistrée ces derniers mois à cause de la forte demande.








