La « consolidation » de la position financière extérieure de l’Algérie [173,9 milliards de dollars, hors droits de tirage spéciaux du FMI] dont s’enorgueillissent les autorités publiques algériennes, passe par-dessus la tête de la population qui s’inquiète pour l’emploi dont une partie significative de la jeunesse algérienne est privée, le pouvoir d’achat qui dégringole, les mouvements de revendications salariales s’amplifient. La « santé » financière de l’Algérie ne reflète pas, loin de là, la santé sociale du pays dont l’indice est aux abysses.
Le gouverneur de la Banque d’Algérie a présenté hier devant « l’Assemblée populaire nationale » des comptes qui répondent aux seuls critères du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale aux yeux duquel le gouvernement algérien favorisé, depuis plusieurs années, par une augmentation sensible du prix du baril, veut paraître comme un bon élève qui répond aux vœux voire aux injonctions des organismes financiers internationaux.
Certains rapports sur « l’avenir brillant » de l’économie algérienne qui occultent sa réalité structurelle sont aussi dithyrambiques que dans les années 70-80 lorsque l’Algérie socialiste que Abdelaziz Bouteflika défendait becs et ongles avait adopté pour la perte du pays la stratégie des industries industrialisantes de Destanne de Bernis auquel un hommage a été rendu par l’actuel gouvernement lors de son décès à la fin de l’année dernière.
Pour tous les thuriféraires de l’Algérie de Boumédienne et de Bélaïd Abdeslam, notre pays qui « s’industrialisait » émergeait économiquement et que sa population était promise, comme on le clame aujourd’hui, à « un avenir brillant ». L’échec de cette politique présentée comme la panacée, s’est avérée être un désastre pour l’économie algérienne et la population qui a subi le choc de l’ajustement structurel au début des années 90. Sans « le miracle » de la hausse des prix des hydrocarbures dont on connaît les causes, l’Algérie au bord de la faillite aurait connu la disette.








