Elle sait pertinemment que sans les trucages dont elle a toujours bénéficié, son parti n’obtiendrait pas plus d’un pour cent, et ne figurerait dans aucune assemblée réellement élue. Raison pour laquelle, la Secrétaire générale du PT, tenue en laisse mais gavée, tire sur tous ceux qui remettent en cause la crédibilité des prochaines élections. Et les propos de Belkhadem empreints de vérité incontestable ôtent, à ses yeux, toute fiabilité aux élections comme si les précédentes et les précédentes des précédentes s’étaient déroulées dans la transparence et l’honnêteté la plus absolue.
Pour Louisa Hanoune, les meilleures élections ce sont celles où tous les membres considérés comme élus sont choisis par les services de sécurité. Un seul exemple suffit pour illustrer cette triste réalité : le représentant du Parti des travailleurs, Y.M, aujourd’hui responsable national du RCD, a été « élu » en 2002 dans la zone Nord en France sans avoir collé une seule affiche, sans qu’aucun électeur n’ait même pu voir à quoi il pouvait ressembler. Ni vu ni connu, il siège à l’Assemblée populaire nationale. Les prochaines élections, jure-t-elle, seront totalement différentes : Abdelaziz Bouteflika leur aurait apporté des garanties que non seulement personne n’a vues et auxquelles personne ne pourrait croire. Autant, dans ce cas, confier la Banque centrale à un braqueur. Louisa Hanoune ne peut être naïve à ce point de croire des déclarations d’un chef d’Etat derrière lequel se cache un souffleur et un marionnettiste, elle sait qu’un changement de système donnerait au pays une autre majorité qu’elle mitraille avec des munitions qui lui sont fournis à El Mouradia. A faire éternellement le grand écart, Louisa Hanoune risque l’élongation.

De nouveau, le pouvoir instrumentalise Louisa Hanoune qui lui apporte un soutien inconditionnel en échange de sièges à l’Assemblée populaire nationale où le « Parti des travailleurs » dispose, paradoxalement, d’un groupe. Cette femme qui a radicalement changé son positionnement politique et renié son passé d’opposante pour un plat de lentilles, joue les gardiennes du temple bouteflekiste pour préserver son quota quinquennal. Elle fustige les propos du khédive de la République, Abdelaziz Belkhadem qui a eu, selon elle, l’imprudence de donner, par anticipation, les résultats des prochaines élections législatives.




